Affichage des articles dont le libellé est Morency. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Morency. Afficher tous les articles

8 décembre 2012

754. Maison


Ma maison de poète n'est pas située au bord d'un unique fleuve, ou montée sur pilotis, comme Trom de Morency. Elle n'est pas née trouée, comme chez Michaux, ni couverte d'ailes inutiles, comme Miror de Giguère, ni burlesque manège à défenestration, comme Crab de Chevillard. Ni observatoire, ou tour de contrôle de soi, comme Palomar de Calvino, ni confortable intellect tissé de fils de marionnette, comme Teste de Valéry. Elle est plutôt l'héritière d'un peu tout cela à la fois, fantôme de corps, de bois de songes, aux contours de siècles mal définis, mal finis, aux portes écloses et aux fenêtres exploses, vapeurs de proses. Même encabanée, repliée comme une enveloppe mal léchée, l'air y circule encore, elle est diffuse.
Les mots sont verbe, et la famille est vaste. Nous pouvons y entrer par la lucarne, ou l’égout, ou les fenêtres, ou les murs, ou même les portes. Un excès de possibilités qui n'a d'égal que les voix qui l'habitent, ou plutôt l'abritent. Et si, par mégarde, un soir, vous y rentrez bourré, vous risquez fort de ne pas savoir aux côtés de qui vous allez enfin vous réveiller.
Qui y vit trop, meurt vivant. En avançant dans cette maison de filiations, nous laissons de multiples images de nous, différentes les unes des autres, nous les revoyons ensuite dans la vapeur du passé comme des portraits de nos différents âges.
Elle dévore le présent, comme la mémoire.

*

Fermeture aujourd'hui du blogue Mémoires d'outre-songe, reprise du texte intitulé « Maison ».

30 mai 2010

386. Crime


suicide n. m. L'abandon de soi est un crime passible de mort.

« suicide », dans Dictionnaire de Princesse Apocalypse, Québec, Éditions Les Nerfs (Coll. Humour noir et autres couleurs disponibles), 2010 [en ligne].


*

La plus grande douleur humaine, ce n'est pas de mourir. C'est de n'avoir pas vécu la vie qui aurait dû être la sienne.

Ce que tu ne fais pas à partir de ton propre fond, selon ton désir et ta mesure, est mort à jamais et d'une certaine manière t'annule. Ce que tu construis avec ton être à toi, cela te donne en quelque sorte la vie.

Extrait de Ce que dit Trom, Pierre Morency

12 avril 2010

340. Flou

Marge voulait se curer les oreilles, elle s'est curée les narines, elle voulait s'épiler les sourcils, elle s'est épilée les cils, elle voulait se couper les ongles, elle s'est coupée les oreilles, elle voulait se brosser les dents, elle s'est brossée les yeux, tableau sanglant, parce que Marge est du genre à mal viser...


*


Idées de romans:
Have a Nap in Hell
Mignonne allons voir si ta prose
Cléopâtre VII The Unauthorized Biography
Dildollorama plaisir à 1$
Viditude.com


*


— Je t'aime...
— Moi aussi, je t'trom...
— ...

5 avril 2010

333. La fiction

sans cesse
lancer la fiction aux fenêtres
du dedans multiple

un fantôme de corps
et l'esprit incarné
dans ce rideau blanc
qui refuse de tomber

répondre avec les rires
de tous ces autres
scénographes marionnettes

Marge empêtrée
dans les cordes du rideau
la fin aux mécanismes retors

4 avril 2010

332. Un homme qui essaie de réfléchir

                                                                                                van gogh

HOMME DE PLUME ET DE SOULIERS. Trom est un homme qui essaie de réfléchir au sens de la vie. Il va vers une conscience de sa place dans le monde, conscience du passage du fleuve, de l'importance des transformations qui mènent du vieil homme à l'homme unifié, celui qui est capable d'unir sa solitude à une autre solitude, pour vivre plus ample. Celle où pensée et sensation se compénètrent, celle où travail et amour s'entraident, où lucidité s'accorde au plaisir. Trom aspire à se donner un regard aussi frais que le cristal, une main habile, un corps endurci par la marche, est donc capable de produire des pensées incarnées. Trom est un être du dehors et du dedans. Sa maison est le lieu de sa naissance toujours recommencée, le lieu où il acceptera sans trop de douleur de mourir.
Extrait de «Chez Trom», Pierre Morency

2 avril 2010

330. Trom et Marge

D'une même marche lente, Marge et Trom traînent leurs pas sur le bord du Saint-Laurent... La nuit n'est pas encore tombée sur eux, qui se dirigent au fil des mots vers le chalet sur pilotis de Trom... La tête ailleurs, Marge rythme leur parcours de quelques lancers de galets, écoutant son compagnon d'une seule oreille... Il interrompt alors sa narration sur la beauté de l'estuaire et remarque le manège... Ce sont des bambins que Marge fait ricocher sur l'eau calme, qu'elle balance à bout de bras...


*


Idées de romans:
Huis clos entre jeunes filles rangées
Le fantôme qui n'avait rien dans le ventre
Normal doesn't put asses in the seats
La masseuse de portefeuilles
Le café expliqué aux enfants (8 tomes)
L'ange qui attrapa la gastro-antéchrist
Quand l'humour-sapiens s'absente


*


Life is a bitch, comme disait Sylvia Plath.

11 février 2010

297. Féminin

— Marge...
— Oui, Princesse Apocalypse...
— Je ne veux pas te vexer, mais... tu n'as rien de particulièrement féminin...
— ...
— Je veux dire que rien ne te distingue vraiment des autres...
— ...
— Tu ne dis rien...
— Merci alors...
— ...

*

— Ah oui, c'est très bien ça... et ce sera quel colloque...
— Ouaip, je vais participer au Colloque interdisciplinaire et international sur l'importance du port des seins chez les femmes...
— Euh...
— ...
— Bon, tu me raconteras...
— ...

20 octobre 2009

211. Filiations : la compagnie dialogue

Teste à Plume : Plume, je suis ton père...
Teste à Mme Teste : À mes yeux, vous êtes transparente...
Plume à Cronope : Cronope, je suis ton père...
Plume à Pon : Pon, je suis ton frère...
Plume à Crab : Crab, je suis ton père...
Plume à Trom : Trom, je suis ton père...
Palomar à Plume : Plume, votre signifiant vous sied parfaitement...
Crab à Palomar : Palomar, vous êtes mon cousin fort éloigné de la fesse gauche par alliance... 
Miror à la compagnie : Et moi alors... je compte pour du beurre... je suis né troué moi aussi...
Palomar à Miror : Enchanté, à qui ai-je l'honneur...
Plume à Miror : Miror, je suis ton père...
Trom à Marge : Marge, voulez-vous m'expliquer ce qui se passe...
Mme Teste à Princesse Apocalypse : Que diriez-vous de jeudi, nous pourrions prendre le thé ensemble...
Princesse Apocalypse à Marge : Marge, ça t'apprendra à vouloir réanimer la marionnette, tout est sens dessus dessous...
Marge à Princesse Apocalypse : Apo, tu m'énerves, mais tu es ma soeur...