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17 mai 2012

687. Drôle


drôle adj.
Je suis peut-être un drôle d'oiseau, mais au moins je vole (enfin presque). Il faut être léger comme l'oiseau et non comme la plume (Valéry).

« drôle », dans Dictionnaire de Princesse Apocalypse, Québec, Éditions Les Nerfs (Coll. Les affirmations pour tous), 2012 [en ligne].

8 juillet 2011

560. L'écriture-nain

Et je me retrouvai,
à penser que,
pour ce qui est de l'écriture,
j'étais comme un nain pour la course,
efficace et redoutable,
sur les courtes distances,
les petits textes.


*


Le dictionnaire est un produit comme les autres.
On a besoin d'affirmations.


*

— Marge, nos carnets débordent, pu de place, qu'est-ce qu'on fait, on se suicide-tu ou bin quoi... Est-ce qu'on démarre un troisième blogue... Imagine ce que ce serait si on nous payait pour écrire...
— Arrête, fais-moi pas fantasmer, Apo...
— Viens, on va s'acheter d'autres carnets pour la création...
— Oui, et un autre journal pour l'écriture intime, il est plein lui aussi...
— Tiguidou...
— ...

16 décembre 2010

495. Grosser Lärm

Et je me retrouvai,
à faire face à la musique,
sur la portée ou le party,
une clef de sol de trop dans le nez,
et le silence sur le dos.


*


Grosser Lärm, on se réveille, comme disait Ducharme.


*


Le bouffon a toutes les solutions.
On a besoin d'affirmations

7 septembre 2010

466. Hommage à Ducharme : 250 ans après la Conquête

Et je me retrouvai, à me dire qu'on se sabordera pas, qu'on se branle-bassera pas non plus, mais qu'on va jouer le jeu, qu'on va jouer, tellement jouer qu'on va oublier que c'est un jeu, c'est dans un jouir de rire qu'on va s'oublier, qu'on va couper les fils du jeu, les fils du je, qu'on va éclater la marionnette à force de fous rires mes hosties, qu'on va jouer les petits comiques jusqu'à ce qu'on pète comme des ouaouarons qui fument, qu'on bang nos viscuriosités sur tout ce qui est pas sérieux, parce qu'on possède pas la vérité mais une bonne dizaine, parce qu'on est des hurluberluminés, qu'on a l'affirmation au bout de la lèvre qui rit, qu'une marge c'est n'importe quoi et pas de maître, qu'on va dire pour se rassurer qu'on glousse comme une poule pas de tête, qu'on se dit ki manche da marge, qu'après 250 ans de fous rires, qu'on va y aller, qu'on y va, qu'on va tellement se dire qu'on va y aller qu'on va oublier qu'on est resté sur place.


*


N'ajustez pas votre appareil. Cassez-lui la gueule.
On a besoin d'affirmations.


*


Marge, en punition, prend la craie, écrit sur le tableau noir :
Les idées noires, comme les tulipes, sont les plus belles
Les idées noires, comme les tulipes, sont les plus belles
Les idées noires, comme les tul

3 septembre 2010

464. Mal léchée

et je me retrouvai
repliée sur moi-même
comme une enveloppe mal léchée
(l'air circule encore)


*


et je te vois
assis en silence
face à mon souffle court
tes mains jointes
tes doigts sur la table
forment un cœur
qui pointe vers moi

9 août 2010

442. Dégarni

Et je me retrouvai, à me demander pourquoi l'arbre à ma fenêtre se jette feuilles baissées dans l'automne, la chute depuis deux jours, à moitié dégarni ce matin, vert et rouge précipité, le cœur à ciel ouvert, offert à ma fenêtre confuse.


*


Mon désert est plus large que le tien, comme disait Michaux.


*


Ce sont de petites vérités, comme celle-ci, toujours éternuer droit, devant soi, adopter la bonne posture, parce que, dans le cas contraire, on risque un torticolis ou un organe foulé.
On a besoin d'affirmations.

21 juillet 2010

430. Tonnerre

Et je me retrouvai, du tonnerre plein les oreilles, à songer que si on ne peut faire sans le Verbe, j'allais au moins choisir celui qui me plaisait le plus, par exemple, goglunicher, cette démarche dodelinante du goglunichet, patafioler, confondre ses sottises, bardasser, se secouer allègrement le bardas, ou même enfarger, d'accord, va pour s'enfarger, qui a le mérite d'aller droit au but...


*


Marge, en punition, prend la craie, écrit sur le tableau :
Virtuaille ne désigne pas une marmaille virtuelle
Virtuaille ne désigne pas une marmaille virtuelle
Virtuaille ne désigne pas une marmail


*


— C'est pas ce que je te demande...
— Et je te réponds que marge et marche ont les mêmes origines étymologiques, les deux réfèrent à l'idée de chemin...
— Tu t'égares, tu ne veux pas me répondre, hein...
— ...
— ...

15 juillet 2010

425. Petit pain

Et je me retrouvai, dans la cuisine, à me redire que j'étais née pour un petit pain, d'accord, va encore... mais le véritable problème c'est que je suis allergique au gluten...


*


— Par rapport à la maison-conscience, qu'est-ce que tu dirais des murs d'esprit trempé...
— Non, franchement, mon poète ne me laissera pas faire ça...
— ...


*


individu n. m. Membre d'une bande de stand-ups qui alternent entre le tragique et le comique.

« individu », dans Dictionnaire de Princesse Apocalypse, Québec, Éditions Les Nerfs (Coll. Humour noir et autres couleurs disponibles), 2010 [en ligne].

20 mai 2010

377. Cosmétique de l'imaginaire

Et je me retrouvai, à la pharmacie du coin, dans la section cosmétiques, découvrant les vernis à ongles Twilight, à me demander quand ils commercialiseront du shampoing spécialement conçu pour les hippogriffes... le mien étant un tantinet crasseux...


*


— Il faut être toujours ivre...
— Yves, viens ici...
— Ivre, j'ai dit...
— ...


*


Le proverbe du jour :
« Il ne faut jamais crier marais, je ne boirai pas de ton eau. »

9 avril 2010

337. Du virtuel à la romance

Et je me retrouvai, devant cet écran, devant ces tableaux, devant les illusions perdues de Marge, de la poésie au front, Marge comme un Lucien de Rubempré, à quêter son Vautrin dans une calèche, comme le frère de Tania, à quêter son Eugène Hyde dans une limousine, attendant de prendre sa revanche sur le monde...


*


Un être aux entrailles de paprika, comme disait Valéry.


*


— Vraiment, c'est n'importe quoi...
— Je te le dis, j'aime la sonorité...
— ...
— C'est comme si on dansait la claquette sur ta langue...
— ...

3 avril 2010

331. L'embarras du choix

Avec sa formation universitaire en figures de style bien enfoncée dans sa poche, les offres d'emploi fusent de partout : directeur d'établissement de détention, coordonnateur en assurances agricoles, préposé au coroner, chef d'équipe en route et structures... Marge a tout simplement l'embarras du choix...


*


Et je me retrouvai devant la porte, à me rappeler ces phrases qu'elle avait si souvent répétées pendant mon enfance, qu'il vaut mieux être jeune et en santé que vieille et malade, que plus il neige plus il a de la neige, en me disant que cette logique n'avance à rien...


*


— Princesse Apocalypse...
— Oui, Marge...
— Est-ce que tu sais pourquoi les hommes préhistoriques étaient tous pompiers...
— Euh...
— Bien oui, tu sais, les hommes des casernes...
— Tu ne veux rien comprendre...
— ...

17 mars 2010

316. L'arpenteur

Il empocha l'argent sans compter.
Il prit son bardas, enfila son manteau et son sourire niais.
L'arpenteur sortit à cinq heures.


*


Marge demeure sans nouvelle... Recluse dans son appartement, ses yeux fixent l'écran, où défilent toutes les images possibles, jusqu'à ce qu'il apparaisse, enfin, blanc et sans issue... Voilà bientôt sept jours qu'il est parti, et toujours ce défilage incessant... Un jour, elle devra bien se résigner à considérer les autres options...


*


Et je me retrouvai, entre l'arpenteur et Marge, à presser celle-ci de s'occuper du dehors, de ses plates-bandes, plutôt que de ses jeux virtuels.

16 février 2010

301. Calories

On lui a vivement conseillé de brûler ses calories, elle a donc mis le feu à son garde-manger...


*


Et je me retrouvai, attablée à mon travail, avec cette réflexion que, décidément, la rédaction avancerait beaucoup plus rapidement si mon elfe de maison ne venait pas me demander, à toutes les cinq minutes, si je voulais jouer aux billes...


*


Un rouspètage n'est pas une sorte de dessert à étages.
On a besoin d'affirmations.

3 février 2010

292. Le marchand de sable

Marge et le marchand de sable se sont engueulés une bonne partie de la nuit... Il a fait tout un dégât dans sa chambre, avec ses bottes sales et sa cargaison... Il en a mis partout, une vraie carrière... Sous prétexte qu'il voulait se racheter pour les dernières semaines d'insomnie infligées... Si vous avez mal dormi la nuit dernière, il ne faut pas chercher plus loin...


*


Et je me retrouvai, complètement exténuée et aux portes du sommeil, à observer mon elfe de maison, l'enthousiasme inébranlable de mon fidèle acolyte, nettoyant tout cela sans broncher, en fredonnant des airs que je ne connais pas...


*


une naïveté consciente
comme un carré de sable
accroché au coin de l'œil

22 décembre 2009

265. Glucosamine

Et je me retrouvai, à la pharmacie en face de chez moi, à l'heure d'ouverture, pour acheter des anovulants, la deuxième en file, le corps et le sac à main appuyés nonchalamment sur un présentoir en carton de quatre pieds de haut rempli de pots de Glucosamine... Quand j'avançai vers le comptoir, mon sac à main, enduit de colle du présentoir mal assemblé, fit rouler tout le bazar par terre... Le présentoir refusa de se séparer de ma petite personne si attachante... Il fallut deux commis pour m'en arracher... Bref, mon sac à main est foutu, mon orgueil roule encore sur le plancher de la pharmacie et je refuse tout net de savoir à quoi peut bien servir la Glucosamine...


*


L'avenir appartient à ceux qui se perdent tôt.
On a besoin d'affirmations.

9 décembre 2009

253. Tamia rayé

Et je me retrouvai, devant la fenêtre de la cuisine, mon esprit avalé par la tempête de neige et ce petit suisse, ce mignon tamia rayé balloté par les rafales, qui s'élance d'un pas paniqué dans la poudrerie, sur les fils électriques près de mon balcon, se demandant ce qu'il a bien pu faire au bon Dieu...


*


la racine du récit
rétrécie au loin
et les pas possibles avancent
dans la margelle des mots


*


— Princesse Apocalypse...
— Oui, Marge...
— Est-ce que les gémeaux sont tous ainsi...
— ...
— Duelle, instable, même après trente hivers passés, une voix qui se donne des fleurs et s'envoie le pot par la tête en même temps...
— Maturare, maturer est rare... Je sais seulement que le chemin vers notre cœur passe par l'oreille... Celui vers la tête aussi, c'est vraisemblablement l'origine du problème...
— Je me demande quoi faire de nos sois...
— L'anoblir et en faire un bouffon...
— ...

2 décembre 2009

246. Univers

Et je me retrouvai à écouter inlassablement les mélodies d'univers fictionnels que j'affectionne, à acheter des trames sonores de films à la douzaine, à débourser, même à crédit, pour contaminer mon propre univers, pour prolonger les mondes, les poursuivre dans le mien, accueillant les autres avec un plaisir délirant...


*


le temps trempe ses pieds
dans la marge
patauge tout au bout du secret
de n'y rien comprendre


*


je m'en souviens comme si c'était demain

8 novembre 2009

225. Battante

Et je me retrouvai, trempée sous la pluie, plus que battante, combattante, à douter des nuages, encore, malgré le goût connu des gouttelettes, des armes plein les mains, la tête éclatée au sol, à ne plus savoir où décocher les rires, tirant à l'aveuglette...


*


une augmentation mémère
un surplus de peurs
dans ton encolure


*


— Marge, je te cherchais, où étais-tu partie...
— Ah... j'étais partie en peur...
— ...

14 octobre 2009

205. Vengeance

Et je me retrouvai, le verre de vin vide à la main, à me demander pourquoi la Princesse Apocalypse se venge à l'avance de sa propre mort, souvent à coups de conscience pure et de mots durs comme ce sol...


*


Idées de romans :
Lucy in the Sky with Matt Damon
La nuit veille aux cernes
Quand la jarre à sacres déborde
Attention, ne pas nourrir les poètes
Des pépins de pensées pour deux



*


La littérature est gratuite,
servez-vous.
On a besoin d'affirmations.

28 septembre 2009

189. Front

Et je me retrouvai, le front lesté de souvenirs froncés, à souffler un peu, d'un coin de l'œil, guettant l'accalmie, le dos accoté contre le rocher d'une mémoire lourde, où les blessés, nos estropiés, s'entassent à la pelle, à creuser notre passé, j'ai les bras morts et le front léger.


*


Entre la bête et Dieu,
l'infini possible de l'homme.


*


— Ah, ces moments bénis à faire la vaisselle, ces moments où l'on a souvenance de tous les bons repas des derniers jours...
— Essaye pas, Marge, je sais que t'aimes pas ça faire la vaisselle...
— Peut-être bien, Princesse Apocalypse, mais, moi, au moins, je fais mon possible pour rendre la chose agréable...
— ...
— ...